Les orques et les dauphins européens menacés par les PCB

 

Les orques et les dauphins d’Europe sont menacés par les PCB, un polluant présent à des niveaux dangereux dans les tissus de ces cétacés européens, affirment les scientifiques.

 

Depuis des années, les cadavres de cétacés qui s’échouent sur les côtes européennes nous interpellent. Par exemple, fin 2011, on apprenait que 3 500 cétacés échoués (baleines, dauphins phoques, au total 17 espèces différentes) avaient été comptabilisés sur les plages du royaume uni. 750 autopsies avaient été pratiquées, sans vraiment identifier les causes du carnage.

 

Aujourd’hui, l’enquête semble avoir progressé nettement: les cétacés sont probablement empoisonnés par la pollution au PCB.

 

Les PCB ont été largement utilisés dans les installations électriques (huile isolante), les peintures et comme retardateurs de flamme, mais ont été interdits dans les années 70 à cause de leurs effets toxiques sur les humains et les animaux.

Mais ces produits chimiques fabriqués par l’homme ont persisté dans l’environnement, et se sont accumulés dans les super prédateurs au sommet des chaînes alimentaires.

L’étude découvre que les taux de PCB mesurés dans les tissus des cétacés européens sont parmi les plus élevés retrouvés dans les océans.

« Les PCB persistent encore à des niveaux dangereux dans les tissus des cétacés européens ».

Dr Paul JEPSON, un vétérinaire de la vie sauvage de la société zoologique de LONDRES affirme : « pour le dauphin bleu et blanc, le grand dauphin et l’orque, les niveaux moyens de PCB sont excessifs, ils sont réellement élevés, sans doute les plus élevés dans le monde, à l’heure actuelle. »

« Cette contamination est si élevée que certaines populations d’orques sont au bord de l’extinction. »

L’étude est publiée dans le journal “Scientific Reports »is one of the species accumulating the pollutant in its blubber

Les PCB ou Poly Chloro Biphényles (MONSANTO) ont été commercialisé dès les années 1920, puis furent interdits aux USA en 1979, au royaume Uni en 1981 et dans le reste de l’Europe en 1987.

L’Europe en a produit environ 300 000 tonnes entre 1954 et 1984, ce qui ne représente que 15% de la production mondiale.

Ils ont été rendus responsables d’effets très variés sur la santé animale et humaine, liés à l’apparition de cancers, responsables d’une action immunosuppressive et de problèmes de fertilité.

Mais ces produits sont extrêmement persistants et malgré l’interdiction, on les trouve encore dans l’environnement.

Une grande partie de ces PCB, et nous ne savons pas combien n’a pas été traitée, et est en train de contaminer les rivières et les estuaires, grâce à des fuites à partir de sites d’enfouissement, pour finir dans le milieu marin.

Ensuite, ils remontent toute la chaîne alimentaire pour finir dans les tissus des prédateurs au sommet des chaines, et ils s’accumulent dans la graisse des cétacés.

Les scientifiques ont ainsi analysé des échantillons en provenance de plus de 1000 cétacés, orques et dauphins des eaux européennes.

« Malgré l’interdiction et un déclin initial de la contamination dans l’environnement, les PCB persistent à des niveaux dangereux dans les cétacés européens. »

« Ces niveaux sont plus élevés que ceux retrouvés dans les cétacés des eaux américaines et aussi de l’Arctique, où la pollution aux PCB est sans doute en train de se terminer.

L’Europe est autant polluée à l’heure actuelle car elle a interdit les PCB bien plus tard que les autres régions du monde.

Les eaux européennes les plus polluées par le PCB incluent la méditerranée occidentale et le sud-ouest de la péninsule ibérique.

Dr JEPSON explique que cette contamination semble avoir un effet délétère sur la reproduction et ce particulièrement sur les nouveaux nés.

 « Parce que ce sont des mammifères, ils ont un lait très riche en matières grasses, de sorte que lorsqu’une femelle adulte porte un petit puis qu’elle lui donne vie, elle peut ensuite délivrer plus de 90% de sa propre charge en PCB au travers d’un long allaitement.

Donc au moment où le jeune cétacé est très vulnérable, c’est justement là que les PCB vont être mobilisés de la graisse maternelle et via le lait sont transférés vers lui.

Ce même processus crée des problèmes significatifs pour les dauphins bleus et blancs, et les grands dauphins. Mais les orques des côtes européennes semblent être parmi les plus durement touchés.

« Il reste seulement 8 orques tout autour la zone à l’ouest de l’Irlande et de l’Ecosse » explique Dr JEPSON.

« C’est une population étudiée depuis de nombreuses années et il n’y a pas eu la moindre naissance pendant toutes ces années où le groupe a été suivi, en clair, cette population est vouée à l’extinction”

Deux groupes de 36 orques du sud de l’Europe ont eu seulement 5 petits qui ont survécu entre 1999 et 2011.

“Cette population est clairement à risque d’extinction et c’est ce qui se passe sous nos yeux.”.

Les  chercheurs affirment donc qu’il faut faire davantage pour traiter les déchets de PCB à terre ou bien rendre étanche les zones contaminées.

Prof. Robin LAW, de l’Association Zoologique de LONDRES a dit « Notre recherche souligne la nécessité cruciale pour que notre système politique agisse rapidement et de façon efficace pour lutter contre l’héritage toxique et persistant des PCB, avant qu’il ne soit trop tard pour certains de nos prédateurs marins les plus emblématiques. » 

 

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