Le Bar Rayé Américain sauvé par un moratoire de 5 ans.

15.12.2015

 

Le bar rayé sauvé par un moratoire strict de 5 ans aux USA.

Le bar rayé (le « striped bass ») est originaire des côtes Est Nord américaines. On le trouvait depuis le SAINT LAURENT au nord (CANADA) jusqu’en FLORIDE (SAINT JOHNS RIVER) mais aussi dans le Golfe du MEXIQUE (Rivière Suwannee en FLORIDE occidentale et Lac de Pontchartrain en LOUISIANE). Il a été artificiellement introduit sur la côte Ouest des USA, et aussi dans une multitude d’eaux douces fermées à travers tout le pays, où il ne pourrait toutefois pas se reproduire.

Il a bien failli disparaître lui aussi sous l’action conjuguée du  cocktail classique (surpêche + pollution + dégradation des habitats).

L’histoire de ce sauvetage finalement réussi et du gigantesque coût social et environnemental correspondant aurait dû nous rendre plus prévenants, nous les européens.

 

Le bar rayé (morones saxatilis) n’est pas un serranidé comme notre bar franc (dicentrarchus labrax), c’est un poisson dont la biologie est toute différente, puisque un peu comme les saumons, ces poissons rentrent dans les rivières au printemps pour y frayer. Mais à la différence des saumons, ils n’hivernent pas en mer : ils reviennent dans les estuaires et les rivières en hiver. Leur migration sud>nord puis nord>sud est célèbre aux USA. Il atteint des tailles beaucoup plus imposantes que notre poisson européen.

 

Dès 1634, un simple coup de senne avait capturé des milliers de ces magnifiques poissons dont un grand nombre étaient allés charger des composteurs pour l’agriculture...  5 ans plus tard, une 1ère loi du MASSACHSSETS interdit cet usage scandaleux de la ressource halieutique.

 

La côte ouest est alevinée avec succès au début des années 1800 et le bar rayé est maintenant un poisson de sport majeur en CALIFORNIE par exemple.

 

Dès les années 70, la pêche commerciale du bar rayé voit ses résultats s’effondrer et les moratoires vont s’enchainer pendant 5 ans, après le vote de la Loi pour la Conservation du Bar Rayé Atlantique (31-10-1984). C’est « un énorme gâchis socio-économique » avec des résultats positifs pour la ressource mais qui reste menacée  (braconnage, pollution par le mercure, les pratiques agricoles et les élevages de volaille).

D’autres mesures sont rajoutées : augmentation de la taille minimale de capture et interdiction des compétitions de pêche pendant la saison de reproduction (printemps).

 

Et finalement, « l’embellie » pour le bar rayé est annoncée.

 

Au Canada, l’affaire est plus compliquée : le bar rayé a disparu de la baie du SAINT LAURENT dès les années 60  à cause de la sur pêche et il a fallu 30 ans pour que l’état le reconnaisse. Un programme de ré alevinage a été mis en place depuis 2002 à partir d’une souche d’une rivière jugée similaire : des dizaines de milliers d’alevins de 8 à 10 cm micro-étiquetés sont relâchés chaque année, tandis que des millions de larves sont éparpillées. Ces larves ont été « marquées » par une cycline (un antibiotique interdit chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 8 ans car il se fixe irrémédiablement aux dents et aux cartilages de conjugaison…). La fluorescence de la cycline est retrouvée des mois durant dans les otolithes des jeunes poissons ce qui permettrait de distinguer des juvéniles issus d’une fraye naturelle.

 

Dans la baie de Fundy, 2 des 3 rivières fréquentées ont été désertées pour des raisons de restrictions de débit et de pollution des eaux, et la 3ième est très surveillée : un brochet introduit constituerait une menace pour le bar rayé, ainsi que les prises « accessoires » de la pêche commerciale. Ici, ce n’est pas gagné…

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