Le drame des salmonidés

Le drame des salmonidés

La COALITION MER-RIVIÈRE demande des comptes au COGEPOMI adour

LIRE l'ARTICLE DU SUD OUEST : 4000 SAUMONS PRIVÉS D'ADOUR

Lire l'article de la RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES : Pêche du saumon « on va vers une catastrophe »

Signer la pétition pour faire cesser la commercialisation du saumon sauvage de l'Adour

lisez la requête devant le tribunal administratif de BORDEAUX contre le COGEPOMI Adour

 

Lire ici la contribution de L'ADRM à la consultation nationale Saumon de janvier 2019

Nous avons enfin compris qu'il faut lutter contre la pollution des eaux et les obstacles pour favoriser le retour des salmonidés dans nos rivières désertées. Des sommes considérables et beaucoup d'efforts sont consacrés depuis des décennies pour atteindre ce noble objectif, mais le constat local, régional et international est celui d'un échec inquiétant en ce qui concerne le saumon atlantique (Salmo Salar).

 

Le souci majeur concerne désormais l'augmentation de la mortalité des saumons en mer , malgré l'interdiction totale de la pêche des salmonidés dans les eaux non territoriales (au delà de 12 MN) en Atlantique nord mise en place dès 1984. Des efforts de recherche sans précédents sont déployés par l'OCSAN et l'IASRB, et financés par les pays liés par cette convention internationale: les États-Unis et le Canada à l'ouest, la Russie, la Norvège, le Danemark et l'Union Européenne à l'est.

 

Parmi toutes les menaces maritimes, il convient de protéger le retour des géniteurs vers leurs frayères natales et les filets dérivants des estuaires sont clairement des pratiques qui font obstacle à la montaison des salmonidés.

 

C'est le sens des actions en cours d'une coalition de gestionnaires responsables, d'élus et d'associations à propos de ce qui se passe dans l'estuaire de l'Adour.

L'ADRM vient de faire un petit pas positif en obtenant que CARREFOUR ANGLET renonce à la commercialisation du saumon sauvage de l'ADOUR. 

La direction d'AUCHAN nous a assuré que le "bureau d'achats Marée AUCHAN ne s'approvisionne pas en saumon de l'Adour" et que "cet engagement de la poissonnerie AUCHAN sera communiqué et diffusé à l'ensemble des magasins dès janvier 2019."

L'enseigne INTERMARCHÉ n'a pas répondu à notre première lettre pas plus qu'à la seconde pourtant recommandée...

Trop de commerçants et de chefs « travaillent » le saumon sauvage de l'Adour, et trop d'épiceries fines en vendent, comme à PARIS, au BON MARCHÉ où François se félicite que « la rareté du saumon de l'Adour en fasse la cherté » !

 

Mais les filets dérivants de l'estuaire de l'Adour ne sont malheureusement pas les seuls filets dont l'action est significativement néfaste pour les saumons.

 

L'ADRM a aussi identifié les filets déployés dans la bande côtière girondine et basco-landaise.

 

Les salmonidés reviennent dans leur rivière par des mécanismes pas encore complètement élucidés. Outre un fondement génétique à cette capacité à retrouver leur rivière natale, il y a certainement une partie liée à l'apprentissage, faite de "reconnaissances, d'erreurs et d'hésitations". C'est ainsi que les saumons circulent le long de la bande côtière à la recherche de leur rivière. Les études de marquage démontrent qu'ils circulent très préférentiellement dans la couche d'eau superficielle (moins de 10 mètres) ce qui les rend particulièrement vulnérables vis-à-vis des filets droits calés à moins de 5 mètres de la surface c'est-à-dire tous ceux dans le premier mile marin.

 

Comme partout, il existe un marché aux poissons non déclaré à CAPBRETON qui concerne, entre autres,  le saumon, surtout depuis l'interdiction officielle de la pêche des salmonidés dans les eaux territoriales de la région Aquitaine (AP 26-02-2006). L'affaire a été médiatisée par les pêcheurs professionnels eux-mêmes, qui se jalousent la part du butin entre Bayonnais et Capbretonnais, une rivalité  vieille de plusieurs siècles. Un responsable des pêcheurs de Capbreton n'avait pas hésité à déclarer en juin 2014 dans une réunion du groupe "saumon" du COGEPOMI Adour que puisque l'administration persistait à leur refuser le droit de vente, ils continueraient à vendre sous le manteau « le gros millier de saumons » concernés...Comme toujours en matière d'administration de la pêche, une demi-mesurette a été prise : l'interdiction de poser des filets droits dans la bande de 0,3 mille entre Capbreton et Bayonne, uniquement pendant le pic de la migration et que 48h par semaine, s'il vous plaît. De quoi calmer la colère des Bayonnais, mais certainement pas le fardeau des salmonidés, ni la détermination de l'ADRM.

 

L'ADRM a donc enquêté sur ces captures non déclarées de saumons que l'on ne voit quasiment jamais en vente puisque pêchés "accidentellement" par des professionnels côtiers qui n'ont pas la licence "amphihalins" réservée aux professionnels estuariens.

Des rapports confidentiels  "en accès protégé" de l'IFREMER démontrent que les prises déclarées sont sans surprise 10 fois inférieures aux prises réelles (observées) et que numériquement il s'agit bien d'un contingent majeur de plus de 1300 salmonidés rien qu'à propos des fileyeurs côtiers de Capbreton, une masse de poissons qui n'atteindra jamais la rivière natale, mais qui grossit chaque année à proportion des efforts d'alevinage démesurés entrepris en amont, au seul bénéfice d'une minorité qui en profite en silence, à l'insu des règles.

Cette estimation ne concerne que la dizaine de bateaux côtiers de Capbreton: l'IFREMER estimait qu'il y a "30 ou 33 navires côtiers à très côtiers" dans le secteur de l'estuaire de l'Adour, ce qui porte l'estimation finale vers 4000 saumons.

Après plus de dix ans d'échec de cet arrêté préfectoral de février 2006, il est plus que temps d'empêcher les captures de salmonidés en zone côtière, et non plus de se contenter de les interdire sur un plan théorique. Une "mesure technique d'accompagnement" forte et définitive s'impose pour se donner une chance d'atteindre enfin cet objectif national et patrimonial de la reconquête du saumon de l'Adour.

C'est le projet de bande marine littorale sans filet présentée par l'ADRM en février 2018, et dont le saumon n'est qu'un des aspects.

Le thème spécifique au saumon de ce projet responsable a été traduit en espagnol et en anglais pour lui permettre une large diffusion auprès de nos voisins espagnols directement concernés et auprès de tous ceux qui dans l'hémisphère nord s'occupent de la survie du Saumon Atlantique,notamment la NASCO.

  • Facebook Social Icon