Le bar européen

Automne 2015: les bars se défendent!

 

Le blog de BASS , janvier 2016
 

"Gains nets : injustice brute"

Posté le 11 janvier 2016 par Bass.Blogging.Team

(Traduit de l'anglais)


 Il y a un an, dans un petit port installé sur les flancs d’un promontoire, j’ai vu un pêcheur professionnel en train de trier ses captures de bars. Une vraie manne puisque ses filets semblaient davantage être faits de chair de poisson que de mono filament. Cette aubaine pour ces pêcheurs, la plupart à temps partiel dura plusieurs semaines. L’énorme rassemblement de ces bars se préparant à la ponte et formant ce banc dans la région fut décimé et le prix du marché s’effondra. Quand j’ai rencontré plus tard en 2015 le guide de pêche sportive local, Oz GOLDSMITH, un peu découragé m’a confié que malgré ses efforts pour faire pêcher du bar à ses clients, ses résultats ont été minables partout dans la région. Ceci est une tendance largement dénoncée par les pêcheurs sportifs de l’ouest des Cornouailles.


 

Une simple coïncidence ou une relation de cause à effet ? Je vous laisse le soin d’en tirer vos propres conclusions.

 

 

 

 

 

 

 

Une des nombreuses hécatombes de bars, parmi d’autres réalisées jour après jour en janvier 2015

12 mois plus tard, je reviens sur la zone et les bateaux étaient à nouveau en train de fileyer dans la baie. La seule modification perceptible était que ce même pêcheur professionnel avait investi dans un bateau plus performant, mais triait maintenant ses captures en dehors du port et loin des regards indiscrets. Je ne peux m’empêcher d’imaginer que c’est  pour éviter que se reproduisent les photos des carnages de l’an passé qui avaient enragé la communauté des pêcheurs sportifs et généré une pluie d’emails vers nos politiques. Bien que je n’ai pu identifier les espèces piégées dans ses filets, il avait pris une masse considérable de poissons– comme le témoignait les nombreux spécimens non désirés rejetés au profit des goélands qui se chamaillaient autour de lui.

La manne des prises accessoires

Les mesures proposées par l’Union Européenne pour le bar en 2016 auraient évité que ces rassemblements de bars avant le frai ne soient pêchés dès maintenant, puisque qu’une interdiction de tout débarquement de bar aurait dû être en place du 1er janvier au 30 juin. Il est évident que les politiques de Grande Bretagne et de France sont intervenus pour que les mesures finalement retenues soient édulcorées. L’an dernier, en période préélectorale, George EUSTICE, le Ministre britannique responsable de l’environnement marin a œuvré pour lancer des mesures d’urgence en faveur du bar après que l’Europe ait échoué à trouver un accord. Ce mois de décembre, élu de nouveau  avec succès, il est sorti du conseil des Ministres et s’est vanté à la télévision d’avoir obtenu de « généreuses exemptions » au profit des petits bateaux de pêche professionnelle de la Grande Bretagne qui leur permettraient d’utiliser leur filets maillants calés « à faible impact ». Au vu des prises accessoires sur lesquelles festoient les goélands et les pillages de ces eaux dont j’ai été le témoin, ces techniques de pêche ne m’ont vraiment pas paru avoir un  « faible impact ».

Voir ces eaux pillées à nouveau de nombreux autres bars et constater cette exemption octroyée par les Ministres européens de la Pêche m’ont fait bouillir.

Aussi longtemps qu’ils utilisent des filets calés ou des lignes à hameçons, les bateaux comme celui-ci peuvent prendre jusqu’à 1,3 tonnes de bars par mois pendant 10 mois/12 cette année.

Bien que des progrès aient été acquis, l’UE a décidé de façon outrageante de réduire massivement la part reveant aux pêcheurs sportifs tout en permettant aux filets (la méthode qui prend le plus de bars en Grande Bretagne) d’en prendre encore davantage. Ils n’ont pas réussi non plus à tenir compte de l’avis des scientifiques quant à la quantité de bars capturés à ne pas dépasser pour éviter une nouvelle baisse de notre stock de bars. Ils paraissent aussi ignorer l’article 17 de la réforme de la Politique Commune de la Pêche  et le fait que par tonne de bars capturés la pêche sportive et ses cannes à pêche apporte le plus grand bénéfice économique, au prix du moindre coût environnemental  et avec un grand bénéfice social pour nos 850 000 pêcheurs en mer de Grande Bretagne.


Nos politiques de la pêche peuvent faire des appels du pied amicaux vers nous les pêcheurs sportifs, mais nos bars continuent apparemment à être gérer pour le bénéfice à court terme des pêcheurs professionnels et non pas pour l’intérêt à long terme de notre ressource de bars.


Contrairement à la mer plus agitée au large, la baie l’autre jour était protégée de la houle. Bien que l’eau était mâchée, je contemplais la mise à l’eau de mon petit semi rigide gonflable pour essayer d’attraper un bar ou deux. Alors que j’avais le temps, tout mon équipement et les bars en face de moi, j’ai fini par renoncer à y aller.

Parmi tous les avantages dont je peux jouir à faire le bouchon sur l'océan, l’humidité et le froid bien souvent, lancer avec bonheur une alerte et acquérir ce sentiment de paix intérieure grâce à mes actions est le plus précieux d’entre eux. Encore chaud bouillant après l’exemption de la part des Ministres de la Pêche, je savais que partager ce bout d’océan avec quelqu’un armé de filets, jetant les bars dans des boîtes ou aux goélands argentés ne m’avancerait pas à grand-chose dans cette direction. Si par chance j‘arrivais à capturer un bar, quand je le relâcherai avec soin (comme je le fais d’habitude quoiqu’il en soit) je savais que je ne ferais que ressasser cette image de nos décisionnaires trompeurs et que mon sang ne ferait que bouillir.


En regardant le pêcheur professionnel travaillant dur dans son bateau, je savais que c’était une erreur de le considérer comme un ennemi. Devenu récemment un professionnel à temps plein, avec un investissement pour un bateau plus gros (peut être payé avec la dernière manne du mois de janvier) il devait s’en sortir. Il ne faisait rien d’illégal. La nature humaine est ce qu’elle est, et au moment où les techniques de pêche deviennent plus sophistiquées et nos poissons plus rares, la seule façon de garantir le futur de nos stocks passe par une gestion effective basée sur la science et l’économie. Non, ce n’était pas ce pêcheur professionnel qui méritait mon mépris : ceux que je méprise sont ceux qui ont la tâche de gérer efficacement nos stocks de bars mais qui échouent à légiférer honnêtement.

Je suppose que les bars seraient davantage en sécurité si les bancs qui se rassemblent avant le frai pouvaient le faire à l’extérieur de cette baie!

Alors que je me promenais, un autre bateau sorti du port en pétaradant pour se joindre au fileyeur. Je pensais à Oz et aux autres pêcheurs de la zone et à leurs espoirs pour la prochaine saison. Il était difficile de ne pas imaginer que la pêche du bar cette nouvelle année se révèle encore plus difficile que la précédente. C’est cet éternel espoir qui ramène les pêcheurs sportifs au bord de l’eau, mais je me demandais, vu la façon  dont les choses évoluaient, si bientôt seuls ceux dont la foi est aveugle continueraient à aller pêcher le bar.


Au lieu de lancer mes leurres, j’ai entrepris une longue marche. Quand je suis rentré chez moi, j’ai écrit à ma députée pour la prier de demander au ministre pourquoi l’impact des filets calés est considéré comme « faible ».

Après cela, je me suis senti intérieurement un peu plus calme.

                                                           *****

Si vous aussi vous voulez faire baisser votre tension, envoyer un email à votre député (pour trouver son adresse, consultez ce site : https://www.writetothem.com)  – A défaut d’autre chose, ça pourrait vous soulager à ce propos plutôt que de ne rien faire !)


Vous pouvez les prier de demander au ministre :


1. Sur quels arguments le ministre considère-t-il que les filets calés ont un impact faible?

2. Quand le ministre a-t-il  l’intention d’atteindre l’objectif de débarquements inférieurs ou égaux au rendement maximum durable pour le bar ?Ou bien vous pouvez simplement dire à votre député que les bars sont encore capturés dans des proportions insupportables et que l’exemption pour les filets calés est injuste et devrait être annulée.


Si vous souhaitez adresser un email à George EUSTICE à notre Ministère pour l’Environnement, la Pêche et les Affaires Rurales (DEFRA), alors utilisez l’adresse suivante :

defra.helpline@defra.gsi.gov.uk

Meilleurs vœux 2016 de la part de BASS

L’équipe du Blog BASS

Posté le 11 January 2016 par Bass.Blogging.Team

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