L’ARGUMENTAIRE S.O.L.I.D.E. de la pétition

 

S pour Sécurité

O pour Ordre Public

L pour  Législation

I  pour Intérêt Général

D pour Dépenses

E pour Environnement

(5). D comme DEPENSES et POIDS SOCIO-ECONOMIQUE:

 

51. Les enjeux économiques hégémoniques et manipulés 

52. L’exemple ignoré de bien d’autres nations

53. Nos plages pourraient surclasser nombre de destinations exotiques

54. Le bar pourrait rapporter 125 millions d’euros à l’Aquitaine

 

51. Les enjeux économiques hégémoniques et manipulés :

 

Le drame des Océans, (et de l’Environnement en général) tient en cette formule : les activités humaines ont été exercées jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que l’environnement en souffre. Dorénavant, les activités humaines ne devraient pas être autorisées tant qu’il ne sera pas prouvé que l’Environnement n’en souffrira pas.

 

La cupidité des Hommes nous retient dans l’aire de la primauté de l’enjeu économique sur l’enjeu environnemental. Cette même cupidité explique que ces enjeux soient concentrés en quelques mains seulement. C’est l’intensification de l’effort de pêche, l’industrialisation  qui est responsable de la plupart des abus, et ce à tous les niveaux, même à un niveau « régional » comme ici où des milliers d’individus pâtissent de cette situation inique.

 

Cet argument très fort a été jusqu'ici ignoré par nos décideurs politiques et par ceux en charge du développement du tourisme.

 

Les pêcheurs de saumons de l’Adour, du bassin de la Loire ou de Bretagne qui se battent depuis des dizaines d’années contre des moulins à vent savent de quoi je parle: le poisson pris à la canne par un pêcheur récréatif génère plus de 5 fois plus d’emplois et de gains économiques que le même poisson pris par un professionnel, au bas mot.

 

Ceci a encore été martelé par Jean Claude BEL, à la tête de l’Association Européenne des fabricants et grossistes de pêche (EFTTA) au parlement européen ce dernier printemps.

 

52. L’exemple ignoré de bien d’autres nations

 

Beaucoup de pays décidemment très en avance sur notre mentalité l’ont bien compris et nous donnent des leçons dont nous ne savons même pas profiter, notamment les anglo-saxons et les américains, où ces études économiques sont bien établies, on peut aussi citer les australiens et les japonais: les résultats constatés dans ces pays l’ont démontré, plus personne ne les conteste.

Le cas du TEXAS dès 1988, de la CALIFORNIE dès 1990, de la Floride en 94, de l’Irlande en 1990, du sauvetage spectaculaire du bar rayé sur la côte est des USA sont quelques exemples parmi les plus connus. En Irlande, cette réalité économique a été protégée par la Loi : seuls les pêcheurs récréatifs ont le droit (très encadré bien sûr) de pêcher le bar. Le résultat est un succès sans précédent dont les Irlandais peuvent être fiers, pour toute l'économie de l'Ile basée sur le tourisme, 1ère bénéficiaire d’une gestion halieutique enfin durable.

 

Figurez-vous que le bonheur, c’est contagieux : une consultation publique s'est en novembre 2015 sur l’Ile de MAN, entre l’Irlande et la Grande Bretagne pour que la population locale se prononce sur le même projet, avec la mise en place d’une double maille 50-60 cm : tout bar sous 50 cm ou au-dessus de 60 cm doit être correctement relâché.

 

Sur la côte aquitaine, ces pratiques excluent littéralement les pêcheurs à pied dont les effectifs ont fondu à quelques milliers, malgré l’effondrement des populations de poissons en bord de mer. Il faut rajouter les centaines de plaisanciers. Comme par un fait exprès, les tonnages de ces bateaux ne sont pas connus de sorte que la comparaison rigoureuse du poids économique ne peut être faite. Mais chacun comprendra que l’estimation exacte risquerait d’en surprendre beaucoup : un jour, la vérité éclatera sur ce sujet fondamental pour la région.

 

53. Nos plages pourraient surclasser nombre de destinations exotiques

 

La côte aquitaine à cause de son sable et de ses vagues est devenue la Mecque du surf en Europe : si vous voulez réviser votre géographie, baladez-vous sur un parking du côté de la célèbre plage des Estagnots et lisez les plaques. Vous y découvrez sans doute des pays dont on ne parlait pas il y a peu. Ce pourrait et ce devrait être exactement la même chose pour la pêche sportive : nous avons la plus belle façade maritime sableuse de l’Europe, nous pourrions avoir de nombreux bars et gros maigres à foison qui attireraient tous les passionnés d' Europe et d’ailleurs pour la pêche au leurre, au surf casting et d’autres techniques.

 

Nos plages pourraient facilement surclasser les destinations de pêche africaines (Maroc, Mauritanie) et exotiques.

 

A notre niveau ici, localement, la 1ère mesure urgente à prendre est donc de libérer nos baïnes (patins de sable compris) de tout engin de pêche: c’est la condition nécessaire pour que puisse exploser l’activité pêche récréative qui deviendra alors un atout économique majeur pour la région au même titre que les sports d’eau.

 

54. Le bar pourrait rapporter 125 millions d’euros à l’Aquitaine

 

Voici une tentative pour chiffrer le poids économique de la pêche sportive côtière en Aquitaine, grossière mais qui a le mérite d’exister : Le but est d’inciter les économistes et autres responsables du Tourisme en aquitaine à engager la démarche et à livrer leurs résultats au débat public.

 

Ce qui suit n'aura demandé qu'une petite demi-heure, les approximations sont à chaque ligne, elles seront corrigées par les experts qui élargiront cette demi page à la taille d’un document copieux.

 

Soit F (en %) la Fraction de la population correspondant aux pêcheurs de loisir fréquentant le bord de mer parmi la Population totale P (milliers d’habitants) de la région Aquitaine,

 

Soit S (en €) la Somme totale moyenne que chacun de ces pêcheurs dépense annuellement pour s’adonner à son passe-temps favori (matériel, déplacements, nourriture, équipements, accessoires, aléas)

 

Le montant global estimé D des dépenses économiques engagées par cette activité de pêche de loisir sur les côtes aquitaines est donc de :

 

D = Fx P x S

 

Nous sommes allés chercher F de l’autre côté de la Manche, sur l’Ile de Man, coincée entre l’Irlande et l’Angleterre.

On y parle exactement du même poisson. Leur étude a considéré :

F = 2% (en sachant que ce chiffre global sur l’Angleterre sous-estime la réalité en bord de mer par la force des coutumes)

S = 1 394 £ = 1 897,44 €

Or :

P = 3 303 400 personnes pour l’Aquitaine au 1er janvier 2013 (INSEE)

Pour information, cette fréquence des pêcheurs récréatifs en mer dans la population française est également celle calculée en France par l'IFREMER (Thèse de Bruno DROUOT, 2010, page 45).

Le nombre de pêcheurs de loisir susceptibles de fréquenter le bord de mer aquitain est donc F x P soit:F x P = 0,02 x 3 303 400 = 66 068 pêcheurs

 

Et voici la surprise :

 

D = 66 068 x 1 897,44 = 66,068 x 1,89744 x 1 000 000 € ===>D = 125, 36 M€

 

Et ensuite on rajoutera les touristes pêcheurs à la belle saison, et quand la situation ira mieux ( ?), on pourra constater que F augmentera d’une saison à l’autre.

 

 

Ce chiffre est à rapprocher de celui correspondant  à la vente de la pêche fraîche en 2003 (hors vente à l'étranger et algues) pour l'ensemble de la région aquitaine :

                                                      33 M€.

 

                                 (source: IFREMER Environnement)

 

Rappelons que ces 33 M€ sont portés par 75% de subventions publiques (Source : Benoît MESNIL, 2008) et que les amendes payées par la France à cause du non-respect chronique des règlements européens nous coutent des millions d’euros (77,8 M€ en 2005 par exemple au sujet du merlu dans le Golfe de Gascogne). Il ne doit plus rester beaucoup d’euros…

 

 
 
 
 
  • Facebook Social Icon