les 12 plaies de l'Océan

L'aquaculture intensive

 

Activité millénaire, l’aquaculture a récemment décollé grâce aux hormones. Mais comme toute activité industrielle, les problèmes sont générés en cascade : dégradations des habitats et des écosystèmes, ponctions de la pêche minotière, utilisations de nombreux produits phytosanitaires, contamination des chairs, spectre des OGM, diffusion des maladies et pollution génétique…

Activité séculaire (la carpe KOÏ en Chine par exemple), elle a longtemps produit des carpes pour nourrir les hommes (en France dans les DOMBES). Les stimulations hormonales ont dopé l’activité dont la croissance est très élevée depuis la fin des années 90. La production de l’aquaculture mondiale couvrirait la moitié de la demande mondiale en produits aquatiques, la Chine s’attribuant les 2/3 de cette production à elle seule (sous réserves).

 

Présentée par certains comme LA solution, elle génère en réalité comme toute activité industrielle des problèmes très sévères :

A. Les installations (eaux douces ou eaux de mer) se font au détriment de l’écosystème présent : c’est au nom des crevettes que des hectares de mangroves disparaissent pour aménager les bassins pour les crustacés. Ces zones sont ensuite massivement polluées par les inévitables rejets (nourriture excédentaire, excréments, parasites, cadavres) au point de détruire les fonds (Saumons et Fjords norvégiens). Les communautés côtières peuvent être perturbées.

B. La nourriture des poissons élevés, surtout carnassiers, pose des problèmes de transfert : à cette fin, des millions de tonnes de poissons-fourrages sont transformées en farines à poissons. Cette farine (du moulin=la minoterie) est fabriquée par toute une industrie « minotière » (Amérique du sud++) qui est qualifiée par des halieutes mondiaux comme une activité de « réduction » puisqu’elle appauvrit considérablement les écosystèmes du monde entier : par exemple, la destruction des stocks de lançons pour nourrir les saumons en mer du nord aura impactée les populations de puffins. La menace de la pêche de réduction s’est maintenant aussi portée sur le krill de l’Antarctique, la petite crevette qui profite de la raréfaction des baleines. L’introduction des plantes dans les granulés déplacent ces problèmes sur terre (agriculture intensive) et gagne inexorablement du terrain : en 15 ans, la proportion farines animales / additifs végétaux a été inversée. Les aliments aquacoles contiennent maintenant 15% seulement de farines animales. On annonce même 0% pour certains poissons (UMR 1067 INRA/IFREMER). Les insectes seront sans doute aussi mis à contribution.

Lire l’article de Françoise MEDALE : « La pêche ne peut pas fournir assez de ressources pour l’aquaculture » 2013.

Lire la page d’IFREMER : « Aliments de substitution pour les poissons d’élevage » 2008.

C. Il faut aussi soigner ces poissons, avec force d’antibiotiques (qui ont pu être limités par des vaccins), des hormones et des antiseptiques, voire des produits cancérigènes interdits à posteriori (le vert malachite chinois). Par ailleurs, les poissons produits sont contaminés par des polluants, dont le mercure omniprésent.

  1. Pour limiter l’emploi des produits phytosanitaires et des protéines animales, la génétique apporte des réponses pour « améliorer » les végétaux et les poissons : les poissons OGM sont des réalités, et le risque évident de fuites dans le milieu naturel suscite une très grande inquiétude chez les scientifiques qui parlent des « Frankenfish ». Même les poissons non OGM s’échappent, et peuvent concurrencer et évincer des espèces autochtones, ou diffuser les maladies que ces élevages intensifs concentrent.

  2. Les largages de larves directement dans le milieu naturel sont eux limités par un pourcentage de réussite très faible. Des tentatives existent avec des poissons juvéniles à divers stade du développement (Bar rayé dans la baie de CHEESEPEAKE aux USA).

 

L’aquaculture est donc elle aussi au même point que la pêche : elle aussi est en train de chercher sa voie d’avenir, peut-être avec « l’aquaculture biologique ».

 
 

Alimentation humaine

D’après le rapport «Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture » de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (édition 2014), la part de la pêche et de l’aquaculture n‘a jamais été aussi élevée dans l’alimentation et les ressources de la population mondiale.

La consommation de poisson a doublé en 50 ans : de 9 kg/an/habitant en 1961, elle est passée à 19 kg en 2013.

Le poisson représente 17% en moyenne des protéines de l’alimentation humaines (jusqu’à 70% dans certaines régions côtières asiatiques).

On estime qu’un milliards d’êtres humains dépendent du poisson pour leur alimentation. Mais les prises sont très inégalement réparties : l’Afrique de l’ouest pourtant surexploitée récolte moins de 10% de la production mondiale pour nourrir sa population.

Question ressource, la FAO estime que plus de 10% de la population mondiale dépend directement ou indirectement de la pêche.

Ces chiffres rendent l’objectif de pêche durable plus que jamais essentiel dans le monde entier.

« La santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) de notre planète, notre propre santé et notre sécurité alimentaire future dépendent de la façon dont nous traitons le monde bleu (Bleu (de l'ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs primaires. Sa longueur d'onde est comprise approximativement entre 446 et 520 nm. Elle varie en...) » a déclaré la FAO.

 

Aides Publiques

 

Dans le monde, ce sont 30 à 34 milliards US$ de subventions qui sont injectés pour soutenir la pêche, et surtout la pêche industrielle.

500 000 pêcheurs de la pêche industrielle attrapent 30 millions de tonnes de poissons à consommer, mais aussi 35 autres millions pour fabriquer des huiles de poissons, rejettent 15 millions de tonnes et consomment 37 millions de tonnes de fuel. Malgré ce passif énorme, Ils captent 80% des aides publiques.

12 000 000 de pêcheurs artisanaux (côtiers) attrapent 30 millions de tonnes, rejettent presque rien, consomment 7 fois moins de fuel, mais ne bénéficient que de 20% des aides. (Source : Conserving the great Blue, Déborah WRIGHT).

Beaucoup de grief sont reprochés à ces aides, notamment d’avoir abouti à une sur capacité de pêche de l’ordre de 3 ou 4 fois ce qui aurait été suffisant.

En Europe, ces aides sont couramment de l’ordre de 1 milliard € par an, mais la fin des aides à la construction des bateaux neufs a enfin été décidée en 2005 et la nouvelle Politique Commune de la Pêche (11/12/2013) oriente enfin ces aides vers l’objectif majeur de la pêche durable.

En France, ces aides publiques ont été décortiquées par Benoît MESNIL pendant les 30 dernières années. Il démontre leur rôle clairement délétère : distribuées dans l’urgence à chaque crise économique de la pêche (prix du gasoil en hausse, prix du poisson en baisse), pour renflouer des trésoreries, elles ont fait le lit des prochaines crises en ne réglant aucun des problèmes en profondeur.

La cour des comptes elle-même a confirmé que les aides publiques équivalaient à 4 fois le bénéfice net après impôt du secteur de la pêche professionnelle en France. Son rapport de 2010 a été censuré et jamais publié.

Accès à l’article original (anglais) de Benoît MESNIL

Accès à un résumé (en français) de l’article de Benoît MESNIL

 

Acidification et réchauffement des océans

Les Océans avaient un ph stable à 8.2 depuis des millions d’années. Depuis la révolution industrielle, l’activité humaine diminue le Ph des eaux marines : nous en sommes à 8,1 et de nombreuses prévisions concordent toutes pour annoncer le seuil de 7,8 à la fin du siècle (GIEC et CNRS par exemple).

Un Ph de 8.1 au lieu de 8.2 n’est pas une « petite » modification : par définition, le ph

J

qui n’est autre que le dénombrement des ions H30+ est une loi logarithmique de base 10 : autrement dit, 0.1 de baisse de ph correspond à une augmentation des ions H30+ d’un facteur 10 exp(0.1)= 26% : c’est énorme pour des écosystèmes qui vivent dans un milieu stable depuis des centaines de millions d’années. De la même façon, un ph de 7,8 correspond à une augmentation des ions H30+ d’un facteur de 10 exp(0.4) = 250% !

Ce ph diminue surtout à cause du CO2 atmosphérique que nous produisons (énergie fossile mais aussi fabrication du ciment) et qui se dissous en partie dans l’eau de mer. L’acide carbonique produit par réaction avec l’eau produit des ions H30+ et inhibe la formation de carbonate de calcium, fondamental pour toutes les coquilles du zooplancton, mais aussi pour les coraux et mollusques : il est bien connu que l’acide dissous le calcaire (trempez de la craie dans du vinaigre).

C’est un phénomène qui concerne surtout les eaux de surface et en particuliers les eaux peu profondes littorales

 

C’est bien sûr le zooplancton aux coquilles les plus ténues qui est menacé très directement, mais on observe déjà des mollusques qui ont des difficultés à former leurs coquilles. Toute la base de la chaîne alimentaire est menacée, comme les mollusques brouteurs (oursins) ou les filtreurs (huitres, moules) dont on connaît le rôle fondamental.

On anticipe aussi des perturbations graves du comportement de nombreux poissons qui verront leurs capacité olfactives gravement modifiées au point de se tromper, de se perdre voire d’aller spontanément à la rencontre de leurs prédateurs.

La baisse du Ph sanguin nuisant au transport de l’oxygène, la performance de certains organismes serait diminuée (céphalopodes).

Le réchauffement des eaux est lui responsable du phénomène du blanchiment des coraux : +1°C pendant quelques semaines suffit à tuer les micros algues avec lesquelles le corail vit en symbiose (les zooxanthelles) ce qui entraînera la mort inéluctable du corail. Le taux de blanchiment de la grande barrière de corail d’Australie serait de l’ordre de 60%, on parle de 90% au Sri Lanka ou au Kenya.

 

Les poissons aussi recherchent des températures en rapport avec leurs habitudes. Dans le golfe de Gascogne, les eaux se sont réchauffées de 1,5°C en 40 ans : des espèces migrent vers le nord (bar, morue), d’autres arrivent par le sud (tarpons, coryphènes).

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Élévation du niveau de la mer 

 

Le niveau de la mer s’est élevé de 120 m depuis la dernière période glaciaire (20 000 ans) mais était relativement stable depuis 3 à 6 000 ans. Depuis quelques décennies, le niveau s’élève de 2 mm/an en moyenne et plus récemment de 3 mm/an avec des écarts types considérables : certaines régions subissent des élévations de 20 mm/an, d’autres constatent des baisses de 10 mm/an. Cette élévation du niveau de la mer trouverait son origine pour 1/3 dans la dilatation thermique des masses d’eau réchauffées et pour un autre 1/3 dans la fonte des glaciers. Une grosse part d’incertitude demeure mais le réchauffement climatique (lié aux gaz à effet de serre produits par les énergies fossiles) serait donc le grand coupable.

La menace sur les populations côtières est considérable, notamment sur le Bangladesh, le pays-delta au ras de l’eau, déjà régulièrement dévasté par les inondations et menacé d’être englouti à 33% d’ici une génération. En Belgique, une dé poldérisation est déjà en cours, on a choisi de rendre à la mer ce qui devait l’être.

Question environnement, la fonte des glaces qui explique une bonne partie du phénomène menace l’ours blanc de disparition. Les mangroves et les zones humides seront aussi impactées. Les mangroves qui abritent une biodiversité très riche n’auraient pas le temps de s’adapter et seraient submergées et détruites. Elles sont déjà en net recul dans le monde, 20% auraient disparues en 30 ans sous la pression humaine (aquaculture, agriculture, infrastructure, tourisme), la pollution et plus rarement des cataclysmes naturels.

 

Exploitation minière des Océans

L’explosion de la plate forme de forage en eaux profondes BP Horizon dans le Golfe du Mexique en avril 2010 est à la fois l’accident le plus récent et le plus grave de l’histoire de l’exploitation des hydrocarbures en mer.

Mais l’exploration minière en général (recherche de minéraux par exemple) en prospectant et en forant impacte les fonds marins en dehors de tout incident ou accident: d’énormes robots sous-marins viennent s’emparer de volumes conséquents du fond marin, réduisant d’autant la faune et la flore benthique.

Ce genre de catastrophe n’inhibe pas l’industrie qui s’intéresse de plus en plus à l’Arctique, réputé riche en énergie fossile où le réchauffement climatique ouvrirait des perspectives techniques.

Les activités de dragages pour désobstruer des ports ou des estuaires posent le problème du relargage des volumes collectés que la Directive Cadre « Stratégie pour le Milieu Marin » tente d’encadrer. Les particules remise en suspension viennent recouvrir des espèces sensibles. Les dragages de matériaux de construction (sables, graviers) ont un impact environnemental très sévère puisqu’ils détruisent directement tout un écosystème de fond, qui représente des zones de nourrissage et de frayère pour de nombreuses espèces.

La pollution acoustique est à l’origine de profondes perturbations du comportement des mammifères (baleines, dauphins) et expliqueraient certains échouages.

 

Pêche Excessive 

Dès 1935, le biologiste anglais (cité dans « Une Mer Sans poissons », Ph. CURY et Yves MISEREY) conclut : « Le bénéfice d’une exploitation efficace réside plus dans une économie de l’effort de pêche que dans un accroissement global des captures. »

Ce problème de la course en avant vers toujours plus de captures est de loin la 1ère cause de l’effondrement des ressources marines rendues possibles par des subventions gouvernementales qui dépassent 30 milliards US$ dans le monde : des halieutes renommés estime que cette surcapacité de pêche chronique est « susceptible de prélever 2,5 fois les captures acceptables » (Une Mer sans Poisson, Philippe CURY, Yves MISEREY, 2008).

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D’autres sources parlent d’un ratio de 4 (Conserving the great Blue, Déborah WRIGHT).

Le problème est connu et reconnu par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) qui exhorte des gouvernements à réduire cette capacité dans son Code de Bonne Conduite des Pêcheries Responsables :

70% des stocks de poissons dans le monde sont exploités au maximum, ou surexploités ou carrément commercialement éteints.

90% des grands poissons (morues, thons, espadons, halibut, raies) ont été pêchés.

Il y a trop de bateaux, trop grands, trop puissants, trop équipés. Les engins sont trop grands : palangres industrielles de centaines de kilomètres de long, filets interminables, trop efficaces (filets dérivants), trop dangereux pour l’écosystème (pêche en eaux profonde, combat de l’association BLOOM) en détruisant les fonds sous-marins (chaluts de fond), non sélectifs (captures irréversibles de poissons juvéniles, prises accessoires (« by-catch ») d’oiseaux, de mammifères marins, d’espèces protégées, de faunes benthiques précieuses) et qui continuent à tuer après leur pertes ou leur abandon (problème de la « pêche fantôme » ou « ghost fishing »).

Dans le golfe de Gascogne, un livre expliquait comment les coraux du fond du Gouf de Capbreton représentaient un casse-tête pour les filets qui étaient impitoyablement déchirés. Un siècle plus tard, les caméras sous-marines nous montrent des fond propres comme un sous neuf, débarrassés des coraux qui font partie du passé et dont quelques rares spécimens trônent sur quelques étagères.

Les filets n’ont plus ce problème.

Mais n’ont plus guère de poissons non plus.

L’UE n’a de cesse de légiférer pour diminuer cette capacité de pêche, mais il semble que ce soit aussi vain que de demander à des chercheurs d’or de ne pas surexploiter la mine : si, pour la flotte Française, le nombre de bateaux et la puissance totale installée diminuent depuis les années 90, le kilométrage des filets par bateaux lui augmente sans arrêt, de sorte que l’objectif de la baisse de la capacité de pêche n’est pas atteint.

Officiellement, pour le Golfe de Gascogne, l'effort de pêche serait stabilisé comme l’indique D.Gascuel et al. en 2014, mais est-ce vraiment le cas ? On peut en douter quand on observe l’augmentation récente des filets dans le Golfe.

En tous cas, la synthèse scientifique montre qu’on est clairement en train de racler le fond du tiroir et propose donc de valoriser des poissons jusqu'ici non commercialisés...

 

Pêche Illégale

 

La Pêche illégale dans le monde a une importance sans doute insoupçonnée pour le grand public : le phénomène est tellement majeur qu’il a droit à son propre acronyme anglais « IUU fishing » pour Illegal, unreported and unregulated fishing (IUU), qu’on peut traduire en français pas Pêche Illégale Ni enregistrée Ni contrôlée (INN).

Ici aussi, les ressources naturelles attire les escrocs : des bateaux sans permis, non déclarés ou à l’identification maquillée pêchent dans des zones ou pendant des périodes interdites, avec des engins ou des méthodes éventuellement interdites (dynamite, poisons), commercialisent leur prises sur des marchés parallèles, peuvent mettre en danger les éventuelles autorités venues les contrôler, refusent de payer les amendes quand elles ne sont pas dérisoires eu égard à leur chiffres d’affaire ou coulent des campagnes paisibles dans des parties des océans trop éloignées pour être contrôlées efficacement.

Ce peut être le fait de bateaux de très grande taille.

Les captures prélevées illégalement sont estimées à 25% du tonnage mondial, les pertes supportées par le secteur de la pêche est estimé entre 10 et 24 milliards US$ chaque année (étude « Estimating the Worldwide Extent of Illegal Fishing » PLOS, 2009.)

« Sous l'égide de l'ONU et en particulier de la FAO, un projet de traité visant à interdire l'accès des ports aux navires pratiquant la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, a obtenu en 2009 l'accord de 91 pays » (Surpêche, Wikipédia)

Ce phénomène toujours présent (braconnage à grande échelle) est très fréquent dans l’océan indien et au large de l’Afrique de l’ouest. Les fraudeurs qui tirent les ficelles sont parfois tout près de nous : GREENPEACE dénonce en 2011 la famille espagnole VIDAL désignée comme « le BARON de la pêche espagnole » dans son rapport de 20 pages « SOS Océans : le crime organisé fait main basse sur nos océans ». Les bateaux de VIDAL cumulent les infractions dans toutes les eaux du monde, forcément avec la bénédiction du gouvernement espagnol, et le rapport explique en particulier des changements de pavillon très fréquents, des manœuvres de transbordements, des trucages de système de repérage électronique, des informations manipulées sur l’étiquetage.

Ou bien ce sont des chinois qui viennent pêcher les thons rouges méditerranéens dans une impunité totale (Quotidien Midi Libre, 2012). Citons ici l’extermination des requins en cours avec le « shark finning » pour les soupes chinoises. Etc. Etc.

En plus de menacer gravement les ressources, ces pêches illégales menacent tous ceux qui pratiquent une pêche réglementée, et parmi eux, les premières victimes sont les petits pêcheurs artisanaux.

Le combat incessant de SEA SHEPHERD depuis des dizaines d’années est emblématique et pallie au défaut de gouvernance mondiale dans les eaux internationales : mais cela va changer !

 

Pollution

Régulièrement, des naufrages de tankers géants transportant du pétrole ont souillé les littoraux du monde entier, rayant de la carte une faune et une flore marine précieuse pour plusieurs années. Citons L’Amoco Cadiz (Bretagne, 1978) sur avarie de gouvernail, l’Exxon Valdez (Alaska, 1989) sur erreur humaine, l’Erika (Bretagne, 1999) sur défaut d’entretien, le Prestige (Espagne, 2002) sur fracture mal expliquée de la coque en haute mer. Tous ces bateaux étaient des simples coques, qui doivent disparaître à partir de 2015.

A chaque fois, le même désastre environnemental et humain : des centaines de kilomètres de côtes souillées pour des années, des centaines de milliers d’oiseaux condamnés, des coquillages, des loutres, phoques, rorquals, des pontes de saumons ou de harengs détruites. Des milliers d’emplois perdus (tourisme, pêche) en Alaska, un séisme pour les communautés côtières.

La catastrophe de FUKUSHIMA au japon () aura bien sûr des conséquences dramatiques sur des périodes de temps qui dépassent nos espérances de vie. Mais d’autres accidents nucléaires se préparent avec ces fûts radioactifs immergés un peu partout à la sauvette, par exemple en Mer Baltique mais aussi et surtout dans le Golfe de Gascogne, précisément dans le Gouf de CAPBRETON, « l’une des plus grandes poubelles radioactives de l’Europe » où des fûts ont été immergées dans les années 50 à 70 dans des proportions tout à fait considérables.

Parmi les rejets industriels dont on se débarrasse en mer, citons les affaires de boues rouges, dont une est plus que jamais d’actualité : celles venant de l’usine d’alumine Altéo de Gardanne, qui vient de voir son autorisation renouvelée pour …30 ans. Soutenez l’action citoyenne en achetant et lisant le livre du Professeur Henri AUGIER : « CALANQUES : scandale et laxisme d’un parc national » aux éditions Libre et Solidaire. Ce scandale dure depuis 1966, une conduite débouche au fond d’un canyon sous-marin par plus de 300 mètres de fond : des millions de tonnes de boues toxiques (métaux lourds++) y ont définitivement anéanti les fonds marins sur des surfaces et des épaisseurs gigantesques.

et marin Tout un symbole.

Les exemples des eaux usés sont aussi très nombreux : en Aquitaine, le Wharf de la Salie au sud du bassin d’Arcachon en Gironde est un exemple au vu et au su de tout le monde, depuis le début des années 70, il y déverse les effluents de 59 000 abonnés et de plusieurs industries. C’est le combat du Comité de Vigilance de Biscarrosse et du collectif Aquitain contre les rejets en mer.

Mais de multiples émissaires d’eaux usées non traitées arrivent encore dans nos océans de façon plus discrète.

Tout l’écosystème est pollué par ces rejets chimiques : les plus gros prédateurs (thons, espadon requin) sont des accumulateurs d’une foule de contaminants (métaux lourds, hydrocarbures, PCB, dioxines) de par leur position au sommet de la chaîne trophique de même que les bars qui n’échappent pas à cette règle.

 

Le poisson ne contient plus que des bonnes choses et donner des conseils à ce sujet devient un exercice compliqué (L’ANSES).

Les dégazages des navires en mer ont fait tristement partie des choses presque banales.

Autre phénomène beaucoup moins connu: la dispersion en mer des boues issues des dragages des ports (le "clapage") que la Directive Cadre "Eaux" tente de moraliser...

Les engins de pêches perdus sont aussi une forme de pollution : les pièges perdus ou abandonnés continuent à piéger et à tuer des poissons. C’est le cas des casiers à poulpes ou crustacés (Au japon, dans certaines régions, les poulpes détruits par les pièges perdus ou abandonnés sont deux fois plus nombreux que ceux pêchés officiellement). C’est aussi le cas des palangres et aussi des filets qui parfois pendant des années vont détruire les poissons. Le problème est reconnu depuis les années 80 sous le nom de « pêche fantôme » pour « ghost fishing ».

Les engrais répandus pour l’agriculture intensive arrivent à la mer par les estuaires. Ceux-ci ont dans l’eau marine les mêmes effets que sur terre : ils dopent le phytoplancton de telle manière que l’on assiste à la belle saison à ces explosions d’algues vertes, tristement célèbres en Bretagne, mais en réalité répertoriées dans le monde entier (plus de 450 zones connues).Ce phytoplancton en excès dépasse les capacités d’épuration du milieu déjà très diminuées par la surpêche : il tombe « en neige » au fond de l’eau où des bactéries vont les décomposer et donc appauvrir l’eau en oxygène : l’hypoxie rend alors toute vie animale impossible. La conjonction entre agriculture intensive et pêche industrielle donne alors ces « zones mortes » sur le littoral qui justement marque la frontière entre les deux mondes terrestres et marins.

 

Plastiques

Les plastiques sont réputés quasiment imputrescibles : ils persistent des centaines d’années en milieu extérieur (50 à 1000 ans selon les compositions actuelles).

Pendant autant de temps, tous ceux que nous avons laissé échapper dans la nature tueront la vie marine par étranglement, piégeage, ou ingestion (1 million d’oiseaux, 100 000 mammifères et combien de tortues par an ?). 260 espèces ont ainsi été impactées.

D’immenses concentrations se sont rassemblées à notre insu dans chaque océan, et pour chaque hémisphère, dans ces zones où les courants en tourbillon (les « vortex océaniques ») les accumulent en d’immenses « soupes » invisibles des satellites, difficiles à voir à l’œil nu car surtout constituées de milliards de particules de moins d’un centimètre : les étendues sont grandes comme la France ou davantage, sur une épaisseur de 10 à 30 m, sans parler de tous les objets plus denses moins fragmentés qui ont coulé. La NOAA américaine (National Oceanic and Atmospheric Administration) les étudie depuis 1980, le vortex du pacifique nord (qui serait en réalité double) a été révélé en 1997, celui de l’Atlantique en 2010 et on en découvre maintenant dans les deux hémisphères.

Boyan SLAT a étudié ce problème dans un projet de fin d’année dans son lycée des Pays-Bas : du haut de ces 19 ans, il a proposé une « solution » pour ramasser cette soupe. 50 ingénieurs travaillent désormais sur ce projet qui passe à la phase expérimentale en 2016 : www.theoceancleanup.com

Vous connaissez forcément les « larmes de sirène »: vous les avez sans doute déjà remarquées, par millions sur les estrans landais, ces micro billes de 5 mm utilisées dans les cosmétiques flottent partout dans tous les océans du monde et viennent parfois recouvrir la laisse de mer au point de laisser une bande épaisse de 20 ou 30 cm de large. Elles sont utilisées pour les Cosmétiques. Les oiseaux, les poissons, des mollusques et les vers les ingèrent et meurent par effet mécanique ou chimique. Le relargage des styrènes contamine toute la chaîne alimentaire de sorte que le plastique et les contaminants sont entrés dans la composition des chairs de poissons que nous consommons depuis longtemps.

En 2050, certains scientifiques nous promettent qu'il y aura plus de plastique que de poisson dans l'océan.

 

Transport Maritime

C’est LA voie du transport des marchandises dans le monde (90%) : il s’agit des tankers, portes containers et autres cargos dont les dimensions des plus récents géants dépassent l’entendement : ils pourraient transporter l’équivalent de la capacité d’un train de 350 km. Il y a aussi le transport de passagers avec le secteur à la mode des bateaux de croisière, ferries et autres.

Les nuisances du transport maritime sont très nombreuses. 

Il génère presque 2 fois plus de gaz à effet de serre que le transport par avion, mais pourtant son cas a été largement éludé du champ de la COP21.

Les eaux de ballast et de fond de cales dispersent beaucoup d’hydrocarbures à chaque modification du plan de charge du navire. Ces pollutions systématiques sont tellement intrinsèques à l’exploitation d’un navire qu’elles sont qualifiées « d’opérationnelles ».

Des pertes surviennent au chargement/déchargement des navires à quai, mais aussi pour des cargaisons mal arrimés en mer. Signalons aussi les dommages aux fonds marins par ancrage, les collisions avec des mammifères marins.

Malgré la convention MARPOL 73/78, de nombreux impacts négatifs persistent : les rejets de résidus solides ou d’eaux usées en mer (formellement interdit en vain), les dégazages sauvages, et aussi le transport d’espèces allogènes qui vont devenir invasives à l’arrivée (cas de la moule zébrée qui a envahie les USA depuis l’Europe avec des conséquences majeures).

Il faut aussi tenir compte des constructions des infrastructures (les Ports) et de leur entretien avec les dragages réguliers de ces espaces et le très délicat problème de l’élimination de ces vases contaminées (clapage en mer).

 

Sans parler du recyclage des bateaux, spécialité de certains pays asiatiques où les conditions de sécurité humaine et environnementale ne sont pas respectées.

 

Travail illégal et Esclavage à bord des bateaux

Parce qu’ils sont en situation irrégulière, des migrants déshérités sont réduits en marins esclaves en Thaïlande (« plaque tournante de l’esclavage dans le monde »).

 

Le quotidien britannique The GUARDIAN a révélé son enquête en juin 2014 « En Thaïlande, des hommes sont enchaînés, battus ou tués sur des bateaux de pêche, révèle The Guardian, afin de fournir en crevettes les groupes de supermarchés Walmart, Tesco, Costco et Carrefour. »

 

On y apprend que « des esclaves qui ont réussi à s'échapper racontent aux journalistes leur quotidien à bord: 20 heures de travail d'affilée, des passages à tabac, de la torture et des exécutions par les capitaines. »

 

D’autres récits sont insoutenables.

 

Beaucoup de quotidiens français l’ont relayé (Voir l’article du MONDE ou celui de COURRIER INTERNATIONAL).

Les poissons capturés par ces bateaux nourrissent les crevettes de l’aquaculture thaïlandaise.

 

Mais GREENPEACE dénonce les mêmes pratiques dans le même pays à propos du thon : lisez l’article « Thon : derrière une industrie globalisée, la violation des droits humains » et choisissez vos boîtes de thons ou renoncez y.

Sans commune mesure avec ces atrocités, il faut rappeler qu’en France ont été dénoncées les conditions « médiévales » qui caractérisent encore l’organisation sociale sur certains bateaux industriels.

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