Les zones mortes

Les zones mortes ou "dead zone"se multiplient dans le monde

 

L’épuisement des écosystèmes et la dégradation des fonds sous-marins par la pêche industrielle est un facteur aggravant de l’action des fertilisants lessivés par les eaux de ruissellement en provenance des terres et responsables de l’explosion des « algues vertes » qui produisent sur les plages bretonnes, par exemple de l’Hydrogène sulfuré H2S, gaz très dangereux qui a tué en 10 ou 20 mn 36 sangliers, 1 cheval et plusieurs êtres humains.

 

Cette triste synergie entre pêche industrielle et agriculture industrielle survient donc de façon spectaculaire dans les eaux côtières les plus peuplées, partout dans le Monde et donne les fameuses « zones mortes » ou "dead zones".

 

Le mécanisme est simple à comprendre : les fertilisants agricoles lessivés par les pluies regagnent tôt ou tard la mer par quelques estuaires. Ces masses excessives de Nitrates et de Phosphates ont dans l'eau le même résultat que pour nos cultures terrestres: elles dopent instantanément les algues, créant avec le concours de la lumière et de la chaleur de la belle saison une explosion de ces « phytoplanctons » qui dépassent les capacités d’absorption du milieu déjà épuisé par la surpêche.

 

En effet, L’absence des poissons prédateurs induit une prolifération de petits organismes marins qui maintiennent le « zooplancton » à un niveau très bas. Tout en bas de la chaîne alimentaire, Le phytoplancton, dopé par les engrais n’est donc même plus contrôlé par ce zooplancton affaibli : c’est « l’explosion des algues vertes, une masse organique qui vit, grandit et meurt de sa belle mort, en retombant « comme de la neige » sur les fonds marins ou s’échouant en nappes épaisses sur les plages.

 

Ces masses organiques entrent en putréfaction sous l’action de bactéries qui consomment l’oxygène O2 et produisent l’hydrogène sulfuré H2S.

Au fond de la mer, le taux d’oxygène dissous descend trop bas pour permettre la vie des poissons qui ont le choix entre mourir ou fuir pour les rares rescapés.

Sur les plages, l’hydrogène sulfuré tue tout être vivant en quelques minutes à partir de 400-500 ppm.

 

Plusieurs rétrocontrôles négatifs sont décrits, comme par exemple l’effet écran de la « soupe » des micro-algues qui empêche la lumière d’apporter l’énergie nécessaire à la première couche d’eau, tuant ainsi les grandes algues originales et donc le biotope associé.

 

7 des 10 plus grandes zones marines mortes sont localisées dans la mer baltique, la mer la plus récente du monde (10 000 ans, anciennes étendues douces envahies par la mer du Nord lors de la fonte de glaciers). Les 3 autres dans le nord du golfe du Mexique (estuaire du Mississipi notamment). Mais on en a recensé plus de 400 en 2008 et leur nombre est multipliée par 2 tous les 10 ans.

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